Sud-Ouest jeudi 1er octobre

Posté par revuebergerac le 1 octobre 2009

BERGERAC. « Bergerac, Oui love you » débute samedi, pour un mois et demi de représentations. Ce show est né en 1922 .

La revue, c’est du vrai music-hall!!

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Vendredi dernier dans les coulisses de la Revue au centre culturel de Bergerac : une foule sans âge et débridée, grimée en clowns ou en jardinier d’opérette. Là, les danseuses qui se préparent ; ici, Claude Plazzi qui recoiffe ses ouailles. Le spectacle mobilise une soixantaine de personnes, pour plus de 200 costumes et accessoires en tous genres…(PHOTOS émilie Drouinaud)  dfe29f592c.jpg

Le rideau se lève sur une tapisserie seventies, orange-verte, et un échalas pataud à perruque grise et chemise bariolée. « Où est passée ma femme ? » Parce que sous la douche, c’est celle d’un autre. Rires. C’est un quiproquo à la Feydeau, avec empoignades et travestis. Le rideau tombe, nouveau décor : un podium. Voici les danseuses en plumes et en blanc, au bras d’un lot de simili-Sacha Distel grande époque, avec haut-de-forme et strass. Dans l’ombre, les clowns attendent leur tour. Autour, dix techniciens tirent les cordes et les décors, chronomètrent les changements de tableaux. « Ça rentre dans les temps ? » « Juste. » Doutes et ajustements à l’heure des dernières répétitions. 

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   Le mari, l’épouse et la fille 

Presque un siècle que ça dure. La Revue de Bergerac, ce grand show improbable mené par une foule de bénévoles, revient en ville, comme tous les trois ans depuis 1922. Un pur moment de music-hall, un Moulin-Rouge à la campagne, à la fois suranné et jubilatoire, inédit en province. Une institution locale, qui réunit 13 000 spectateurs (en 2006) sur un mois de représentations du spectacle de 2 h 30.

  78214410be.jpg Depuis 1988, Bernard plante les décors. Il est accessoiriste et machiniste pour la Revue. Il a 62 ans, et vient de recruter sa fille de 18 ans, pour danser. Son épouse, Ginette, fait partie de l’atelier costumes. Sinon, les piliers de la Revue recrutent la voisine, la cousine, le commerçant du quartier, etc. « Et chacun donne selon ses capacités », sourit Bernard, ancien de la Caisse d’épargne dans la vraie vie. Lui, c’est les bras. Alain, la gouaille et le déhanché. Tour à tour, ce cadre de 53 ans est comédien déguisé en jardinier, en amant cocu moustachu ou beau danseur pailleté. Il est vendeur à la boutique Orange, et ce soir, il a les yeux soulignés au mascara. 

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« C’est un vrai bonheur, une aventure humaine géniale. » Depuis vingt-et-un ans, il chante, danse, fait rire. Déjà, enfant, il assistait à la Revue avec ses parents. « J’avais envie aussi d’être sur un coin de scène. » Il n’avait jamais pratiqué, jamais pris de cours. Il chantait, un peu, mais dans sa voiture. Sur scène, Alain « change de vie ». 

Trompettes et perruques  « J’étais introverti, j’avais peur de m’exprimer. Ici, j’affronte le public, c’est un challenge à chaque fois. » La scène ? « C’est la capacité à se mettre dans des peaux différentes, à faire des choses qu’on ne ferait jamais dans la vie. » Et passe dans les coulisses un septuagénaire en caleçon et veste militaire…

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Dans les loges, c’est un fatras de trompettes, perruques, cotillons et noeuds papillons. Une foule de fourmis qui s’activent : Solange et Martine, les habilleuses – « Et déshabilleuses ! » – qui costument les acteurs à peine sortis de scène. Les costumières qui retouchent, ici ou là. 

Il y a Klara, 20 ans, brindille blonde à dreadlocks, danseuse et fière de rejoindre le show « avec de supermoyens, un orchestre, des costumes » : « Il n’y a qu’à Bergerac que ça existe. » Il y a Thierry, employé aux ateliers municipaux, qui ce soir est un Chaplin génial. Il y a Claudine, la chorégraphe : « Parle aux gens avec tes mains, avec ton corps. »

 Et Claude Plazzi. Elle recoiffe, conseille, elle dirige toute la Revue, c’est « Madame » Plazzi, 77 ans, radieuse. Elle replace le chapeau d’une soubrette.

                                                                               894ff3ec2e.jpg Sincère et professionnel Claude s’amuse de l’ampleur qu’a pris l’exercice. « La première Revue, ils étaient sept ou huit… C’était en 1922. Puis elle a traversé les époques. » Elle, elle a commencé à y danser en 1963. Déjà la foule dans la salle. Depuis, elle est la chef. Directe. À deux starlettes façon 1930 aux éventails plumés : « Recommencez-moi ça. Ça fait trop chasse-mouches. »

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« Les uns sans les autres, ça ne marche pas », résume Claudine, 52 ans. Elle a « commencé » la Revue à 16 ans. « C’est extraordinaire de voir tous ces gens si différents qui réussissent à créer quelque chose comme ça. » Parce que la Revue, on aime ou pas (avec le côté patronage, l’humour un peu rétro), mais c’est un show sincère, pointu et quasi-professionnel. Alain : « Je me souviens d’une fille dont l’otite s’était percée sur la scène. Elle souriait. En coulisses, elle pleurait. » Et puis, ce n’est pas dans toutes les sous-préfectures qu’on voit parader sa pharmacienne ou son boulanger en tenue coquine ou coiffés de bigoudis. D’ailleurs, des centaines de tickets sont déjà réservés depuis Bordeaux, Libourne ou la Charente-Maritime. Voilà pour couronner un an et demi de travail, de la fabrication des costumes (quatre ou cinq après-midis par semaine) à la création des danses, la peinture des décors ou les partitions de l’orchestre. Une histoire de transmission, aussi, comme dit Jean-Louis : « Les jeunes arrivent timides. Ils trouvent une vraie personnalité. C’est une association d’éducation populaire à la base. » 

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Auteur : Adrien Vergnolle
a.vergnolle@sudouest.com 
  

 

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