La belle histoire

LA BELLE HISTOIRE En 2006, un des tableaux de Bergerac Follement évoquait les Revues du Cercle Musical depuis 1922 à nos jours et en particulier les 60 dernières années On a coutume de dire que Paris vaut bien une messe… alors pourquoi ne pas dire que Bergerac vaut bien une Revue ?  Tout a commencé en 1922 avec une revue d’Albert Marquay «  Bergerac Serpentins » … puis le Cercle Musical présente neuf autres revues avec un grand succès.  « La belle histoire » a vraiment débuté en 1946 avec « On r’met ça ! » , une revue d’Edmond Sabeau . Oui, aussitôt après la guerre, nous sommes installés Salle des Ouvriers , le petit théâtre de la place Gambetta. Renée Chassagne et son mari  sont revenus au Cercle qu’ils ne quitteront plus durant de longues décennies. Jusqu’à la fin de sa vie André Chassagne sera le régisseur des revues au côté de sa femme.

Dans « On r’met ça ! », Louis Bias et Maurice Laroumanie ( qui n’en sont pas à leurs premières armes) campent des personnages truculents et l’élégant Fernand Cousteille ravit les spectateurs grâce à sa belle voix. En feuilletant le programme on découvre que les Amis du Vieux Bergerac existent déjà, mais l’actuelle présidente Françoise Chazeau-Paris n’est pas encore née. Je n’ai alors que six ans et, assis sur un strapontin aux côtés de ma grand-mère Lhôtelliet, mon cœur bat la chamade à l’entrée de Renée Chassagne en Mistinguett, vêtue d’une immense crinoline  . Elle chante « Paris, reine du monde » et elle restera à jamais une des reines  de ma vie .              Et on enchaîne en 1948 avec « Encore une ! » où les frères Plazzi, Enéa et Carlo sont de jeunes cow-boys pleins d’énergie et de prestance.              On saute en 1951avec « Bergerac chante » dont Robert Valaire est l’auteur parisien. Max Moulinier réalise les décors et ce pendant plus de 20 ans avec talent.  Et surgit …pour le meilleur et pour le rire … Lucien Loubières en agent de police, un rôle de composition qu’il ne quittera plus et qui reviendra tel un leitmotiv dans toutes les revues. Et sur ce programme que de noms connus : Bernard Sabeau, Jean Dayraud, Jean Laroumanie, Henri Brunel, Guy Delmas… stoppons,  la liste reste trop longue de tous ceux qui vont faire du Cercle une grande famille.               Et puis en 1952, voilà « Bergerac An 2000 » où Renée Chassagne nous promet que notre ville sera la plus belle en cette année si lointaine ….  « on y plantera des clous et on y élèvera des gratte-ciels ! » 

            Pas de répit et en 1953 « Bergerac en folie ». C’est notre premier final en plumes d’autruches. Lucien Loubières est toujours en agent de ville, Renée Chassagne fait une parodie de Marie Dubas et Serge Veyrenc commence une belle carrière de fantaisiste .             Le 1er mars 1955 on frappe les trois coups de « Bergerac cancan ». C’est l’arrivée de Christian Joulain qui restera longtemps  le ténor du Cercle. On est ravi devant un beau tableau de gitans avec des roulottes sur l’arrière-scène .Claudine Plazzi sort enfin de l’ombre familiale et elle prend en main la chorégraphie et la création des costumes, deux tâches difficiles dont elle va assurer la responsabilité jusqu’à ce jour.             En 1957 le Cercle nous offre « Bergerac Pirouette » et je me souviens d’un charmant tableau de crinolines recouvertes de roses qui embaument  la salle … et cette année là, la revue est en odorama.             En 1960  « Bergerac s’en balance » est la première revue signée par Renée Chassagne sous la direction musicale de Jane Danias. Myrio et Desha aident à la chorégraphie et quel merveilleux tableau que celui de la Félibrée ! Jean Laroumanie est Sissi Lesfargues et Renée Chassagne implore que la Félibrée  soit bénie des Dieux ! 

            Dans « Bergerac Flons-Flons » en 1962, Max Labrot danse le twist en brûlant les planches ( mais il éteindra des feux bien plus importants… !). Jeanette  Campagnac incarne une manoque à la gloire du tabac ( dont Bergerac va faire un beau musée) et notre maire de l’époque, Henri Sicard viendra jouer son rôle d’édile le soir de la dernière sur scène dans le sketch « Si tous les gars du monde ». Claude Capelle est un indien et la revue s’achève avec un très beau final de can-can sur la Belle Epoque.             En 1965 j’ai un trac insensé pour mes débuts dans «  Bergerac s’amuse », vite oublié dans cet adorable tableau sur les vendanges où je danse aux côtés de Denis Marcillac et nous faisons un bel hommage à Maurice Chevalier dans le final  chapeau ».                                                                    C’est le trou noir ! Nous n’avons plus de théâtre… le Cercle s’endort durant six ans . La salle des Ouvriers,  devenue théâtre Mounet-Sully est rasée… on la ferme définitivement. Et pourtant Madame Chassagne n’a cessé de réclamer un théâtre aux différents municipalités ! Alors nous décidons de nous réfugier au cinéma Cyrano, immense vaisseau voué au 7ème art et sans coulisse. Tant pis ! On fera avec et non pas sans difficultés ! On s’offre un beau voyage avec « Bergerac en croisière » en 1971. Catherine Plazzi mène le jeu tout en fraîcheur, Bernard Mongis est un jeune boy et Max Labrot reste mémorable dans sa supplique pour un théâtre sur l’air du Métèque. Et quelle croisière qui nous mène de Londres aux USA, en passant par Rio et le Tyrol, avec un retour au Kremlin et à Venise ! Toujours au Cyrano voici « Bergerac sourit » en  1974 avec l’arrivée de Jacky   Bias qui forme avec Lucien Loubières un extraordinaire duo comique des deux zézettes . Le charmant Jean-Paul Courvoisier entre dans son rôle d’éternel jeune premier, la danseuse Claudine Pelé  devient Claudine Nicot – l’actuelle chorégraphe- et dans le tableau «  Joyeuses épousailles »j’épouse la jeune Viviane Saudou devenue Madame Bernard Blanc . Antonio Sena est à la trompette, suivi l’année suivante de son fils Tony et de son petit-fils Christophe . Le Cercle casse la baraque … des queues interminables et jamais vues s’étirent devant la caisse du Cyrano.    

            Dans « Bergerac je t’aime » en 1977 Jacky Bias est un Napoléon « impérial » plus vrai que le vrai, Gérard Bord entre en scène et quelle joie pour moi que ce très beau « livre d’images » où Renée Chassagne me raconte sa carrière au Cercle !             Le 20 février 1980 « Bergerac en fête » se joue sans Lucien  Loubières, parti au paradis des rires et Bernard Bossavit le remplace avec talent. Mme Gibaudan est au piano . Martine Larroque charmante gardonnaise au joli timbre de voix, va rejoindre les comédiennes Juliette Ardiller et Françoise Lasseur . Un joyeux régiment nous entraîne dans une gigue écossaise et toute la troupe est réunie avec des costumes d’époque dans un tableau prestigieux sur le Musée Pyrarède.              Cloches sonnez ! Enfin…enfin un théâtre nous est donné . Merci à Michel Manet alors sénateur-maire qui inaugure le Centre Culturel en 1982 avec M. Jacques Delors, ministre de l’économie et des finances .  Le 23 février 1983, c’est « Bergerac toujours ».Denise Farge apporte sa gouaille populaire, Pascal Renon est un jeune boy et Christian Joulain en Rebroft mène le tableau russe avec Suzette Grau . Et puis encore les valses de Strauss avec des ombrelles ou ce final coloré sur Mexico. Et toujours la grande famille du Cercle qui s’agrandit avec Manu Cobos, Marcel  Schwartz, Katia Renon ou encore Jean-Claude Ranouil et Lucien Conseil toujours sur scène aujourd’hui .              On poursuit en 1986 avec « Bergerac Fantaisie » où Jean Dayraut, vieux serviteur du Cercle depuis toujours, campe un patriarche . Jacky Bias est en toréador, avec un superbe costume. Encore une fois on voyage beaucoup de Séville à Amsterdam ou de las Végas( où Laurent Madelaine est en Franck Sinatra ) à Tahiti, l’île enchantée qui nous fait rêver avec sa cascade.               En 1988 pour « Bergerac en scène » de nouveaux talents apparaissent : Jean-Olivier Charles et Catherine Todoverto… et Alain Demarest à la batterie qui commence une longue carrière au Cercle. Et toujours des thèmes qui font plaisir au public : le cirque avec ses panthères noires, Cyrano, les saisons et un ravissant tableau avec pont japonais pour « Sayonara » où Barbara Boudesac est une bien jolie geisha.              Drame en 1991 avec un incendie à la veille de la première qui anéantit deux ans de travail . Mais, tel le Phénix renaissant de ses cendres la Cercle présente « Bergerac passionnément » quelques mois plus tard. C’est l’arrivée de Dick Major à l’orchestre, de Dominique Taizières , du comique Thierry Bouteraou  et d’Alain Cantelaube qui passe allégrement du chant au comique. Toujours du dépaysement avec un rêve en bleu ( le célèbre Maria de West Side Story), le soleil d’orient , la grande prairie ou le palais vénitien.              On atteint « Bergerac paradis » en 1994….une authentique reconstitution de saloon du Far West avec Michel Roux et Martine Larroque et une belle évocation de l’Egypte au temps des pharaons.              En 1998 dans «  Bergerac nos amours » Marina Biato en tzigane a 15 ans et prend son envol. Je suis Monsieur de Bergerac et Claude Plazzi une exquise Roxane. Encore des tableaux somptueux avec la Renaissance . Claude et Janine Longy réalisent les accessoires des Aztèques .              Le nouveau siècle amène  la Revue de l’an 2000 « Bergerac frénésie » qui est une consécration pour Renée Chassagne… sa fille Claude, sa petite-fille Evelyne et son arrière-petite-fille  Marina… 4 générations sont en scène et la presse relate ce fait rarissime . La revue est toujours là… on s’amuse au marché, on rêve aux amours de la Pompadour, on s’enflamme au soleil de la Guadeloupe ou pour Rome il y a 2000 ans sans oublier Bali  … et Catherine Widehem fait une apparition fulgurante en Mariane James.              Enfin en 2003 « Bergerac C. Bonheur » avec une autre consécration : le Lido de Paris prend le titre de notre revue pour son fronton des Champs-Elysées et encore le prologue en blanc  et le folklore hongrois.              La belle histoire continue… avec  « Bergerac follement ». Nous avons survolé  60 ans de moments de bonheur…60 ans c’est trois fois 20 ans…certes Paris vaut bien une messe mais Bergerac vaut bien ces 33 revues  et même la 34 ème  Bergerac « oui » love you à découvrir en 2009. 

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